
De la santé à la maladie... l'état intermédiaire
« J'ai passé de nombreux tests et tous les résultats sont négatifs. Donc, en théorie, je ne suis pas malade. Pourtant, je ne me sens pas très bien... pourquoi ? »
Il n’est pas rare que ce genre de situation se produise. Peut-être l’avez-vous déjà, vous-même, expérimentée. D’un côté, vous êtes soulagé que les tests se soient révélés négatifs, mais de l’autre, vous sentez que quelque chose ne va pas et cela vous inquiète. En fait, cette confusion provient généralement d’une mauvaise compréhension des processus menant à la maladie.
Car nous avons souvent tendance à croire qu'il n'existe que deux états physiologiques chez les êtres vivants : la santé et la maladie. Pourtant, la plupart des maladies sont le résultat d'une détérioration graduelle qui a débuté plusieurs jours, semaines, mois, voire années auparavant. En fait, généralement, nous ne « tombons » pas malades ; nous « devenons » malades.
Comment devenons-nous malades ?
Prenons le cas de l'infarctus du myocarde. Même s'il est foudroyant, bien avant qu'il ne se déclenche, il aura fallu qu'une ou plusieurs de nos fonctions métaboliques soient perturbées ou affaiblies : tension artérielle élevée, dépôts de cholestérol dans les artères, phénomènes inflammatoires anormaux, etc. L'infarctus n'est que le résultat de ces perturbations, de ces mauvais fonctionnements de l'organisme qui se sont accumulés et ont créé des dommages au fil du temps.
La plupart des maladies qui ne sont pas dues à des bactéries ou des virus obéissent à ce même processus de formation graduelle. Qu'on parle de cancer, d'arthrose, de sclérose en plaques, d'ulcère d'estomac, d'hypoglycémie, etc., la maladie n'apparaît pas du jour au lendemain, mais s'installe progressivement et parfois même, insidieusement. Car s'il arrive que l'on ressente clairement des symptômes précurseurs, ce n'est pas toujours le cas. « La veille de son infarctus, oncle Lucien dansait le twist comme un p'tit jeune au mariage de ma soeur. Qui aurait pu deviner ce qui allait se produire le lendemain ? » Oncle Lucien n'a pas été victime d'un mauvais sort durant la nuit. Mais éventuellement, la goutte a fait déborder le vase déjà bien rempli...
L’état intermédiaire entre santé et maladie
Pour qu'un diagnostic soit émis, il faut que le dysfonctionnement du système ou de l'organe soit suffisamment important pour être détecté par des tests médicaux. Ainsi, entre le fonctionnement optimal de notre organisme (la santé) et l'état de maladie, il existe une zone très vaste, allant du dysfonctionnement minime jusqu'à celui qui précède de peu la maladie. Or dans cette zone, qu'il y ait symptôme ou non, nous ne sommes pas en santé ; nous sommes sur le chemin de la maladie. Comme le chantait Adamo : « C'est pas l'enfer, mais c'est pas le paradis...». Et malheureusement, c'est sur ce chemin que se situent la plupart des gens qui se considèrent pourtant en bonne santé.
Voilà pourquoi il n'est pas rare que des personnes, qui ne souffrent d'aucune maladie diagnostiquée, ne se sentent pas en forme. Ça ne va pas mal, mais ça ne va pas bien non plus ! Plus fatigué, plus vulnérable face aux virus, une digestion plus lente, un intestin fragile, un foie paresseux, des douleurs ou des malaises variables... on se sent « bof ». On a l'impression de survivre et non de vivre pleinement. Mais comme la détérioration se produit souvent très graduellement, elle passe parfois inaperçue, jusqu’à ce qu’on se réveille un bon matin avec l’impression d’avoir pris un « coup de vieux » prématuré.
Notre organisme possède une incroyable capacité d'adaptation. Mais aussi incroyable qu'elle soit, elle est limitée. Face aux différents stress de la vie (physiques, chimiques et émotifs), notre corps déploie des mécanismes ingénieux afin de contrer ces stress et de limiter les dommages. Lorsqu'elles sont temporaires et « raisonnables », ces adaptations suffisent généralement pour permettre à l'organisme de retrouver rapidement son équilibre (la santé). Mais lorsqu'elles sont continuelles ou exagérées, le corps n’arrive plus à s’adapter ou alors ses mécanismes d’adaptation perturbent son bon fonctionnement. On parle alors de dégénérescence (état intermédiaire), de maladie et éventuellement de mort prématurée.
Comment sortir de l’état intermédiaire et retrouver la santé ?
Voici la bonne nouvelle : puisque la maladie s’installe généralement progressivement, nous pouvons intervenir en identifiant les causes et en procédant à des modifications, afin de retrouver notre équilibre (homéostasie) et notre potentiel de santé optimal. Comment ? De plusieurs manières.
Tout d’abord, en diminuant les stress, qu’ils soient physiques, chimiques ou émotifs. Une saine alimentation, une limitation des « polluants », des postures adéquates, de l’exercice physique régulier, un sommeil réparateur, des moments de détente et de plaisir. Et puisque notre système nerveux contrôle toutes les fonctions de notre organisme, nous assurer de son fonctionnement optimal demeure la pierre angulaire pour préserver ou retrouver la santé réelle. D’ailleurs, certains tests permettent de vérifier l’état de santé de notre système nerveux, que nous ressentions ou non des symptômes. La thermographie infrarouge permet de visualiser les différences de température du corps qui sont en lien avec le fonctionnement du système nerveux autonome. L’électromyographie, quant à elle, mesure la quantité de courant électrique anormale circulant dans les muscles de chaque côté de la colonne vertébrale, permettant ainsi de localiser des points de tension.
Alors, pourquoi nous contenter de « survivre » dans l’état intermédiaire qui mène éventuellement à la maladie quand nous pourrions vivre pleinement en santé ?







